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Lettre de gestion

Lettre de gestion FDC Brexit - 15 novembre 2018

Alexis Charveriat, CFA

Alexis Charveriat, CFA, Responsable de la gestion Actions Européennes

20/11/2018
 Lettre de gestion FDC Brexit - 15 novembre 2018
Le projet d’accord de divorce entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne présenté le 14 novembre 2018 est une défaite pour les « Brexiters », ce qui entretient l’incertitude jusqu’à la validation de l’accord par le Parlement britannique mi-décembre.

La baisse de la livre sterling profite aux valeurs exportatrices de FDC Brexit.

Stratégie : comme indiqué dans le rapport mensuel et la lettre de fin octobre, nous avons profité du rebond pour réduire/céder des positions sur des titres ayant publié des résultats décevants.

Nouvelles macroéconomiques

Le mercredi 14 novembre, après cinq heures de réunion, Theresa May a annoncé que ses ministres avaient validé l’accord de divorce négocié avec Bruxelles, entraînant dans la foulée cinq démissions dont celles du secrétaire d’Etat pour l’Irlande du Nord et du ministre du Brexit. Theresa May a réussi à imposer à son gouvernement un accord à la dernière minute, la seule alternative étant, selon Theresa May, une sortie sans accord.

Cet accord de 585 pages vise à maintenir le Royaume-Uni dans l’union douanière pendant la période de transition, prévue pour durer jusqu’au 31 décembre 2020. Celle-ci pourrait être reconduite une fois pour un an selon une décision prise en commun par les deux parties, permettant ainsi de négocier un accord de libre-échange qui mettrait fin définitivement à l’épineuse question de la frontière irlandaise. Si aucun accord sur la future relation entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni n’était trouvé, cet accord prévoit que le Royaume-Uni tout entier restera dans l’union douanière. 

Pendant cette période, le Royaume-Uni ne siègera plus dans les institutions de l’Union Européenne, ne pourra pas signer d’accords de libre-échange avec des pays tiers et restera soumis à la juridiction européenne. Cependant, le pays s’engage à respecter toutes les nouvelles règles européennes en matière d’environnement ainsi que les règles couvrant le droit des travailleurs.

Au regard des différentes lignes rouges franchies par ce projet d’accord pour les « Brexiters » de tous bords, les Ecossais et les Irlandais du nord, il n’est pas surprenant que ce projet d’accord ait engendré une crise politique qui vient renforcer l’incertitude entourant les négociations. L’avenir de Theresa May à la tête du parti conservateur n’est pas assuré, 20 députés ayant déjà appelé au vote d’une motion de défiance contre cette dernière. Le seuil de 48 est requis pour qu’un tel vote soit organisé. Dans de telles conditions, la probabilité d’un rejet de cet accord par les parlementaires britanniques augmente. Ce vote devrait avoir lieu à Westminster mi-décembre, avant la pause des fêtes de fin d’année.

Dans l’intervalle, les pays européens, qui ont mené un front uni lors de ces négociations, devraient approuver le projet d’accord lors d’un sommet extraordinaire le 25 novembre.

Conclusion : Le brouillard entourant les négociations du Brexit est loin de se dissiper et devrait générer de nombreuses rumeurs, facteurs de volatilité dans les prochaines semaines, ce qui renforce notre prudence sur les actifs risqués.

Le 15 janvier, jour de la présentation du projet d’accord à la Chambre des communes dans une ambiance houleuse, la livre sterling s’est violemment dépréciée de 1,8% contre euro. FDC Brexit, qui est exposé à 69% à la devise anglaise, n’a pas été particulièrement affecté, le fonds baissant de 0,78% sur la séance contre -1,02% pour le Stoxx 600 Europe. Le fonds a profité de la hausse des valeurs exportatrices anglaises (Smiths Group +3,3%, Glaxosmithkline +1,93%, Carnival +1,33%, Astra Zeneca +0,7% et Shire +0,5%).

Depuis la création du fonds nous avons toujours privilégié les sociétés exportatrices anglaises qui bénéficient directement de la dépréciation de la livre sterling, la baisse de cette dernière renforçant leur compétitivité-prix sur les marchés à l’export. Nous poursuivons cette stratégie d’investissement visant à rester à l’écart des sociétés domestiques anglaises qui risquent d’être affectées par le ralentissement de la croissance consécutif au renforcement des incertitudes.

Nouvelles des sociétés en portefeuille

SHIRE (Laboratoire pharmaceutique – Royaume-Uni – 6%) : Shire a publié un chiffre d’affaires en hausse de 6% à 3,87 milliards $ (1% au-dessus des attentes du consensus). La franchise immunologie (chiffre d’affaires +13%) et maladies génétiques (+9%) sont 2% au-dessus des attentes du consensus tandis que Vyvanse (+11%) est ressorti 5% au-dessus du consensus. Les bénéfices par action sont ressortis à 3,64 $contre 3,62 $ attendus par le consensus. La marge opérationnelle est ressortie à 42% contre 41% attendu par le consensus.
Conclusion : Bonne publication de résultats. Le titre s’échange toujours avec une décote de 8% sous l’offre de Takeda. Il est fortement probable que les actionnaires approuvent l’offre de rachat le 5 décembre. 

BAE SYSTEMS (Défense – Royaume-Uni – 4,7%) : BAE systems a publié un trading statement le 8 novembre : les commentaires sur les marchés finaux sont positifs (UK et USA). La société n’a pas mentionné de nouveaux problèmes de production. Le groupe a réitéré ses perspectives de bénéfices par action 2018 même si le change pourrait avoir un effet légèrement positif.
Conclusion : La performance du titre a été très décevante depuis cet été en dépit d’une valorisation très attractive tant en absolu (PER 2018/19 à 11,9x / 10,9x) que relativement à ses pairs américains.

ASTRAZENECA (Laboratoire pharmaceutique – Royaume-Uni – 8%) :  Le chiffre d’affaires ressort au-dessus des attentes et marque un point d’inflexion : après -3% au T1, -1% au T2, la croissance organique ressort à +9% au troisième trimestre. Pour la première fois, TAGRISSO franchit la barre des 500 millions $ sur le trimestre. Le groupe bénéficie d’une bonne dynamique commerciale : les produits anciens commencent à moins décélérer tandis que les nouveaux produits montent en puissance. Par zone géographique, les USA progressent de 25% et les émergents de 16% tiré par la Chine (+32%). En revanche l’Europe recule de 9%. Du côté de la profitabilité, les bénéfices par action reculent de 33% en ligne avec les attentes, ceci en raison d’une baisse des revenus d’externalisation. Le groupe maintient ses perspectives pour l’ensemble de l’année.
Conclusion : Bonne publication très rassurante sur le plan de la dynamique commerciale.

Mouvements effectués au sein du portefeuille

Conformément aux intentions annoncées dans la lettre de fin octobre, nous avons réduit des positions dans le rebond du marché actions qui est intervenu entre le 25 octobre et le 7 novembre :
  • Réduction significative du poids du fabricant de biens d’équipement suisse ABB qui a publié des résultats très décevants.
  • Allègement de SMITHS GROUP qui a publié des résultats une nouvelle fois décevants.
  • Poursuite de la réduction du poids de JOHNSON MATTHEY qui devrait souffrir de son exposition au secteur automobile et du risque idiosyncratique lié à la dégradation d’un composant d’un filtre à particules fabriqué pour Volvo.
  • Prises de bénéfices partielles sur NOVARTIS qui a atteint notre objectif de cours. 
  • Vente de contrats futures sur indice.

En contrepartie, nous avons placé les liquidités en euros du fonds dans GEMALTO qui fait l’objet d’une OPA de Thales.

Nous avons également renforcé ERICSSON qui a relevé ses perspectives 2020/2022 lors de son Capital Market Day à New York. Le consensus devrait significativement relever ses estimations de bénéfices.

Nous avons profité de la baisse du cours de l’or pour initier une position dans la société aurifère RANDGOLD RESOURCES qui a été rachetée en titres par BARRICK GOLD.

Positionnement du fonds

Nous conservons un style qui privilégie les investissements de style Value (88% des actifs investis du fonds).
Le Royaume-Uni représente 69%, la Suisse 22%, la Suède 9% des actifs investis du fonds.

 
Alexis CHARVERIAT, CFA - Responsable gestion actions européennes

La Financière de la Cité propose un service de gestion d’actifs pour compte de tiers. Elle développe en priorité des relations d’affaires en direct avec de grands investisseurs institutionnels et privés. Elle gère en outre une gamme de fonds ouverts au public qui peuvent être souscrits à partir de tout intermédiaire financier.

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