Journal

Lettre FDC Transatlantique - 31 octobre 2018

Lettre de gestion
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Bruno Demontrond, Gérant de portefeuilles
06/11/2018
Malgré les soubresauts des marchés laissant entrevoir à quelques-uns de sombres années, le consommateur américain se porte bien, l’indice de confiance du consommateur du Conference Board sort en octobre à un plus haut depuis septembre 2000. 

Les publications de résultats pour le 3ème trimestre sont loin d’être aussi mauvaises qu’attendu par les investisseurs. En Europe, 24% des sociétés relèvent les prévisions, 56% réitèrent, et 20% avertissent sur leurs résultats. Aux Etats-Unis, les chiffres sont légèrement meilleurs : 77% des sociétés relèvent les prévisions, 8% réitèrent, et 15% avertissent sur leurs résultats. Au global, une bonne saison de publications, les regards se tournent maintenant vers le 4ème trimestre. 

Le point central de cette 2ème quinzaine d’octobre aura été une nouvelle fois la montée de l’aversion au risque dans un contexte de tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Ces craintes ont été appuyées par les discours de Michelin, Daimler et Honeywell lors de leurs publications de résultats.

Résultats

Consommation Cyclique 

Michelin publie au 3ème trimestre 2018 un chiffre d’affaires en hausse de 5% à 5,6 milliards d’euros. A contrario, Michelin anticipe un 4ème trimestre plus difficile en raison d’une baisse des volumes en Chine. Le groupe s’attend désormais à un résultat opérationnel sur l’ensemble de l’exercice de 2,7 milliards d’euros (vs 2,8Mds€ estimé). Pour 2019, le management table sur un résultat opérationnel de 3 milliards d’euros. Cette progression à venir de 11% s’explique par une hausse anticipée des volumes de 1,5%, une amélioration de la productivité et les gains issus des dernières acquisitions. Michelin se valorise 8,4x les bénéfices 2019 et 0,7x le chiffre d’affaires. Les principaux catalyseurs sur le titre sont une relance du marché automobile chinois et la poursuite de la croissance dans les pneus de spécialité (engins miniers et de travaux publics).

Energie : Globalement de bons résultats dans le secteur, l’évolution du cours du baril demeure le principal moteur de performance

  • Schlumberger publie au 3ème trimestre un chiffre d’affaires en hausse de 7,6% à 8,5 milliards de dollars (vs 8,58Mds$ estimé) ainsi que des profits de 644 millions d’euros en progression de 11%. Pour la première fois depuis le 2ème trimestre 2014, le groupe enregistre une amélioration de sa croissance, d’un trimestre sur l’autre, à l'international et en Amérique du Nord. Concernant les perspectives, Schlumberger anticipe une accélération de l’activité à l’international (Amérique latine, Afrique sub-saharienne et Asie) d’environ 10% en 2019. L’essentiel de la croissance passe aujourd’hui par les forages offshores, la surproduction dans le bassin Permien ayant plafonné le développement des activités onshore.
  • TechnipFMC publie un chiffre d’affaires de 3,14 milliards de dollars, en baisse de 24,1%, pénalisé par la baisse de l’activité de forage en eaux profondes (-18,2%). Le résultat opérationnel ressort au-dessus des attentes grâce aux bonnes performances des activités onshore et offshore (activités à fortes marges). Technip rassure sur ses perspectives avec une carnet de commandes en croissance (+9.2%) dans l’onshore – offshore mais aussi dans l’activité eaux profondes. En conséquence, les perspectives de fin d’année sont revues à la hausse avec une progression des marges de 12% à 13% dans l’onshore-offshore.
  • Total, en écho à sa dernière réunion investisseurs, publie de très bons chiffres pour le 3ème trimestre. Le résultat net est supérieur aux anticipations à 3,96 milliards de dollars, en hausse de 11,4% sur un an. La production atteint un niveau record de 2,8 millions de barils/jour (+8,6% sur un an), aidée par la montée en puissance des champs de Kaombo et de Yamal qui atteignent de meilleurs rendements qu’attendu. Concernant sa prévision, Total revoit à la hausse son objectif de production 2018 de +7% à +8%.

Industrie les investisseurs continuent de se concentrer sur l’évolutions des relations sino-américaines 
  • Eiffage enregistre au 3ème trimestre une hausse décevante du trafic sur son réseau APRR à +1,3% (vs. +2,4% estimé). Les hausses du baril et de la fiscalité sur le carburant pénalisent la croissance du trafic qui a été solide ces dernières années.
  • Caterpillar Inc publie au 3ème trimestre un chiffre d’affaires en hausse de 18% sur un an à 13,5 milliards de dollar (vs 13,3Md$ estimé) ainsi qu’un bénéfice par action de 2,86$ (vs 2,85$ estimé). Malgré un résultat net record pour le 3ème trimestre consécutif, le titre a enregistré un parcours boursier compliqué en octobre en raison des craintes d’un impact négatif des tarifs douanier avec la Chine sur son activité. D’un point de vue plus fondamental, Caterpillar parvient à compenser la hausse des coûts des matériaux par une progression de ses prix de vente. Lorsque l’on observe l’évolution des ventes d’un point de vue géographique, toutes les zones progressent avec en tête l’Asie (+28% sur un an) suivie de l’Amérique du nord (+22%). 
  • Kion (dont l’une des marques les plus connues est Fenwick) enregistre de fortes commandes au 3ème trimestre, en hausse de 11,5% (vs +4,7% estimé). L’activité logistique affiche la plus forte croissance des commandes +21% (vs +3% estimé), celles de l’activité camions industriels progressent de 8% (vs +6% estimé). La marge opérationnelle est impactée, par la hausse des coûts des matériaux, passant de 10,6% l’année dernière à 10,2% cette année. Kion confirme ses perspectives pour la fin d’année.  
  • Saint Gobain enregistre au 3ème trimestre une croissance de ses ventes de 3,1% (vs 2,1% estimé). La hausse des prix est meilleure qu’anticipé cependant les volumes sont légèrement en baisse. Nous noterons le bon niveau de vente de l’activité « Matériaux à haute performance ». L’évolution de cette activité est observée car étant la plus margée, elle a un impact important sur la rentabilité du groupe. Plus globalement, le management confirme ses objectifs opérationnels pour le 2ème semestre.
  • General Electric a publié ses résultats du 3ème trimestre qui sont difficilement lisibles au regard de la provision de 22 milliards de dollars sur l’activité « power », dont 12 milliards de dollar couvrent l’acquisition d’Alstom faite en 2015. Il est clair que le nouveau PDG Larry Culp sera personnellement impliqué dans la restructuration de l’activité « power », prochainement scindée en deux entités. Mr Culp a fortement insisté sur le fait que General Electric ne fera pas d’augmentation de capital afin de rembourser sa dette. Il pense que la réduction des dividendes, la vente d'activités, y compris si nécessaire celle de Baker Hughes, ainsi que le rebond de l’activité « power » suffiront à réduire la dette. Culp n’a pas fourni de détails précis concernant son plan d’actions tels que le montant des économies que GE peut tirer de la consolidation de ses sièges. Mr Culp et la directrice financière Jamie Miller ont souligné la vigueur de l’activité santé. Ils ont également dit que la vente de cette activité pourrait prendre plus de temps que prévu et qu’à tout moment ce processus peut être stoppé. Dernier point, le dividende de General Electric est réduit à un cent par action. 
Technologie 

Nokia continue d’afficher une marge opérationnelle décevante (5% vs 5,4% estimé) au 3ème trimestre (concurrence de d’Ericsson et de Huawei notamment en Asie) néanmoins les ventes ressortent supérieures aux attentes. Le groupe annonce un nouveau plan de restructuration de 900 millions d’euros. Ce plan doit permettre au groupe d’atteindre son objectif de marge de 9-12% en 2020. La bonne nouvelle de cette publication est l’extension au-delà de 2018 de son contrat de licence avec Samsung.


Vie des valeurs en portefeuille

Technologie 

IBM rachète Red Hat pour 34 milliards de dollars, soit une prime de 63%. En rachetant le numéro un de l’open source, IBM deviendra le premier fournisseur mondial de cloud hybride (intégrer cloud public + cloud privé). Plus que l’achat de Red Hat et le prix payé, les principales craintes sur ce genre d’opérations concernant IBM sont liées à la capacité d’intégration de la société. 

Energie
 
TechnipFMC enregistre un contrat de plus de 1 milliard de dollars de modernisation et d’expansion pour un complexe de raffinage en Egypte. Ce contrat représenterait 7% du carnet de commandes. 

Finance 

La Fed annonce l'une des plus importantes révisions de la réglementation bancaire américaine depuis l'entrée en fonctions du président Donald Trump, proposant de réduire les obligations en matière de fonds propres et de liquidités pour les grandes banques américaines. Les changements les plus importants concerneraient les banques disposant de 100 à 250 milliards de dollars d'actifs, qui ne seraient plus tenues de respecter le ratio de liquidités et bénéficieraient également de plus de souplesse dans l’impact des plus et moins-values latentes sur les niveaux de fonds propres. La Fed a indiqué que les changements apportés aux règles de liquidité pourraient réduire d'environ 43 milliards de dollars le montant des actifs liquides que les grandes banques sont tenues de conserver. 

Opérations récentes

Nous maintenons notre biais nettement « Value ». 

Géographiquement au 31 octobre 2018, le poids des Etats-Unis est de 46,1% et celui de l’Europe de 53,9% (40% Zone euro, 11% Royaume-Uni, 2,9% Suisse). Le fonds FDC Transatlantique est investi en totalité.

En termes d’opérations, nous avons arbitré les positions en Halliburton au profit de positions en Schlumberger en raison d’une nette amélioration des forages offshore au niveau international (cf. Total, Shell). Par ailleurs, nous maintenons notre biais en faveur des industrielles, l’impact des craintes liées aux tensions étant à notre avis trop excessif à court terme. Dans ce cadre nous renforçons Caterpillar, Michelin, et nous revenons sur Oshkosh.
 
 
Bruno DEMONTROND, Responsable gestion actions internationales

La Financière de la Cité propose un service de gestion d’actifs pour compte de tiers. Elle développe en priorité des relations d’affaires en direct avec de grands investisseurs institutionnels et privés. Elle gère en outre une gamme de fonds ouverts au public qui peuvent être souscrits à partir de tout intermédiaire financier.

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