Journal

Lettre FDC Brexit - 15 octobre 2018

Lettre de gestion
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Alexis Charveriat, Gérant de portefeuilles
16/10/2018

Nouvelles macroéconomiques

A la veille du sommet européen du mercredi 17 octobre, le suspense entourant les négociations du Brexit est à son comble. Lors d’intenses discussions lors du week-end des 13 et 14 octobre, ces dernières ont encore buté sur le sort de la frontière irlandaise après le Brexit. Le Parti Unioniste Irlandais (le DUP), qui a permis à Theresa May de former un gouvernement après ses élections législatives anticipées ratées en juin 2017, a estimé qu’il était « probablement inévitable » que le Royaume-Uni quitte l’Union Européenne sans accord. Le porte-parole du DUP refuse tout statut spécial pour l’Irlande du Nord tout comme certains membres eurosceptiques du parti conservateur. Rappelons que la question irlandaise constitue une ligne rouge à ne pas franchir pour ces derniers. Une clause de sauvegarde a été proposée par Bruxelles afin d’éviter la réapparition de contrôles physiques à la frontière entre l’Eire et l’Ulster. La solution européenne maintiendrait ainsi l’Irlande du Nord dans l’union douanière et l’Ulster continuerait alors d’être soumise aux règles du marché unique européen, des contrôles de marchandise pouvant être ainsi instaurés entre l’Ulster et le reste du Royaume-Uni.

Cette question éminemment politique est loin d’être résolue. Même si un accord est trouvé avec Bruxelles, encore faut-il que Theresa May dispose d’une majorité pour le faire passer lors d’un vote au Parlement britannique. La dirigeante du Sinn Féin, partisane de la réunification, a estimé en début de mois que « s’il y a un Brexit dur, alors il y aura une demande immédiate pour un référendum sur l’unification de l’Irlande ».

Dans ce contexte, les marchés actions ont été fortement chahutés lors de la première quinzaine du mois d’octobre. Les causes en sont multiples : le Brexit, la comedia dell’arte entourant la négociation du budget italien, l’intégration par les investisseurs d’un nouveau paradigme en termes de politique monétaire qui conduit les banquiers centraux à avoir des intérêts divergents de ceux de ceux des investisseurs (contraction de la liquidité), et les premiers avertissements sur résultats (automobile, chimie, industrie,…) qui préfigurent une saison de résultats difficile pour les marges des sociétés qui ne disposent pas de pricing power.

La hausse des taux longs de part et d’autre de l’Atlantique a provoqué une forte sous-performance des sociétés de croissance. La surperformance massive de l’indice Stoxx Croissance (STGP Index) par rapport à l’indice Stoxx Value (STVP Index) s’est achevée le 29 août 2018. Depuis cette date, l’indice Stoxx Croissance a baissé de 10,96% contre une baisse de 4,12% pour l’indice Value. La rotation de style a été tellement violente depuis le début du mois que l’indice Stoxx Value surperforme à présent le Stoxx Croissance depuis le début de l’année (-6,33% contre -7,75%) !

La hausse des taux longs impacte directement la valorisation des sociétés de croissance, à forte visibilité et à récurrence des cash-flows, via la hausse du coût moyen pondéré du capital.

Depuis mi-mai, nous avons protégé le capital du fonds FDC Brexit en mettant en place des couvertures indicielles et en vendant les petites et moyennes capitalisations de croissance. Cette politique s’est avérée payante : depuis le début du mois, FDC Brexit a baissé de 4,47% contre une baisse de 6,16% pour le Stoxx 600, ramenant ainsi sa performance annuelle à +5,05% contre -5,31% pour le Stoxx 600.

Nous anticipons la poursuite d’un marché volatil dans les prochaines semaines, eu égard aux risques susmentionnés. Dans ce cadre, nous conservons notre politique de couverture qui sera levée progressivement dans la dernière salve de baisse que nous anticipons d’ici mi-novembre.

Nouvelles des sociétés en portefeuille

A l’aube de la saison de publication de résultats du troisième trimestre, la communication des sociétés est volontairement très limitée. La saison de résultats débute le 18 novembre avec le laboratoire NOVARTIS.

Mouvements effectués au sein du portefeuille

En l’absence de nouvelles significatives, nous avons effectué peu de mouvements.

Nous avons réduit en ce début de mois notre position en INTERNATIONAL AIRLINES GROUP, maison-mère de British Airways et Iberia. Si la perte d’une licence de vol pour British Airways dans le cas d’un Brexit dur nous semble peu probable (eu égard à la disruption que cela génèrerait), les bénéfices de la compagnie aérienne semblent cependant plus sous pression en raison de la poursuite de la hausse des prix de l’énergie. Par ailleurs, en période de doutes sur le scénario de croissance 2019, IAG pourrait souffrir des interrogations sur le ralentissement du cycle. Des contacts dans l’industrie nous ont par ailleurs confirmé que certaines entreprises clientes mettaient en place un « travel ban » au quatrième trimestre afin de contrebalancer la hausse de certains coûts (matières premières notamment).

Positionnement du fonds

Nous conservons un style qui privilégie les investissements de style Value (88% des actifs investis fonds).

Nous conservons une exposition minimale aux actions (61%).

Le Royaume-Uni représente 75%, la Suisse 17,5%, la Suède 7,5% des actifs investis du fonds.

 

Alexis CHARVERIAT, CFA - Responsable gestion actions européennes​




La Financière de la Cité propose un service de gestion d’actifs pour compte de tiers. Elle développe en priorité des relations d’affaires en direct avec de grands investisseurs institutionnels et privés. Elle gère en outre une gamme de fonds ouverts au public qui peuvent être souscrits à partir de tout intermédiaire financier.

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