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Lettre FDC Transatlantique

La rugosité des négociations commerciales imposées par l’administration américaine pousse les investisseurs à rechercher les premiers stigmates d’un ralentissement de l’économie mondiale. La baisse du yuan chinois face au dollar a fait état de favori dans cet exercice.

La réalité d’une dépréciation du yuan n’est pas à sous-estimer en raison notamment de son impact particulièrement négatif sur les économies du sud-est asiatique. Ceci étant, plaquer un scenario de type été 2015 sur la situation actuelle nous semble encore prématuré.
Pour mémoire, en 2015 le yuan s’était fortement déprécié face au dollar (-8,4% en 5 mois) suite au ralentissement de l’économie chinoise (les enquête de production passent entre mai 2015 et janvier 2016 de 50,2 à 49,4) et à la baisse de ses réserves de change (-14,6% sur cette même période). Aujourd’hui, les statistiques chinoises s’avèrent décevantes sur un mois (enquête de production en juin à 51,5 vs 51,9 en mai), cette tendance doit être confirmée et les réserves de change ne diminuent pas alors que le yuan se déprécie de 4,7% en 15 jours. A la lecture des derniers communiqués de l’administration centrale, il semblerait que les autorités chinoises, riches de leur expérience de 2015, compenseraient toute baisse de l’activité trop marquée par une mesure de relance.

A la veille des premières publications de bénéfices aux Etats-Unis, le consensus table sur une progression des résultats de 20,3% sur un an (+20,1% au 1er trimestre 2018). Nous resterons attentifs à l’évolution des marges des entreprises dans un contexte de hausse des coûts de production (matières premières, salaires). Le principal écueil à éviter est d’avoir en portefeuille des sociétés richement valorisées n’ayant pas la capacité d’augmenter leurs prix de vente.

VIE DES MARCHES ACTIONS

L’Argentine et l’Arabie Saoudite ont reçu le statut de marché émergent par MSCI. Ce changement doit se traduire par d’importants flux de capitaux entrants, en provenance notamment des ETF et des fonds indiciels. La taille de ces flux dépendra du poids dans les indices émergents de chacun de ces deux pays. Cette nouvelle est d’autant plus importante pour l’Arabie Saoudite dans le cadre de l’introduction en bourse à venir d’Aramco.

GESTION DU FONDS

Résultats :

Industrie : la dynamique du marché pétrolier va permettre à un pan de l’industrie de publier de bons résultats.
Prysmian revoit à la baisse ses prévisions de résultats en raison de la hausse de ses coûts de production et de problèmes techniques sur son projet sous-marin entre l’Ecosse et le Pays de Galle. Les coûts de réparation s’élèveront à 50 millions d’euros supplémentaires. Cette révision arrive quelques semaines après l’acquisition de General Cable pour un montant de 3 milliards de dollars. Pour mémoire le chiffre d’affaire 2018 est attendu en hausse de 17,5% en 2018 avec une progression estimée à 34,2% des bénéfices par actions. La valorisation du titre s’élève à 13x les bénéfices 2018 et à 0,5x les ventes.
Greenbrier (fabricant de wagons), lors de sa publication trimestrielle, fait état d’une nette amélioration de l’activité dans les équipements ferroviaires aux Etats-Unis. Son chiffre d’affaires pour le 3ème trimestre 2018 est en hausse de 45,9% à 641,4 millions de dollars. Les bénéfices par action ressortent en hausse de 26% à 1,3$ (vs 1,15$ estimé). Le point important de cette publication est la nette amélioration des prises de commandes, s’élevant à 6000 sur le trimestre. En conséquence la société réitère ses prévisions pour 2018, soit des bénéfices par action en hausse de 19%. Le titre se valorise aujourd’hui 12,6x les bénéfices 2018 et 0,7x les ventes.

Vie des valeurs en portefeuille :

Industrie
General Electric profite de sa sortie du Dow Jones Industrial (après 111 années d’appartenance ininterrompue à l’indice) pour amorcer sa transformation. Son nouveau directeur général, John Flannery, annonce son intention de scinder les activités « santé » et de céder sur trois ans la totalité de sa participation dans Baker Hughes (62,5% du capital). La stratégie à terme est de se recentrer sur l'aéronautique, l'électricité et les énergies renouvelables. Par ailleurs, Mr Flannery a précisé vouloir maintenir sa politique de dividende jusqu'à la fin de la scission de la branche santé. Suite à ces cessions, General Electric prévoit de réduire sa dette nette de 25 milliards de dollars d’ici 2020.

Finance
La banque centrale américaine a effectué son programme annuel de « stress tests » pour les banques américaines. Les 35 plus grandes banques américaines ont toutes passé avec succès la première étape de ce test dont les hypothèses étaient le maintien de leurs fonds propres au-dessus du niveau minimal requis dans des conditions de forte récession. Concernant la seconde partie du test, elle avait pour but d’évaluer la suffisance des fonds propres des plus grandes banques opérant sur le territoire des Etats-Unis ainsi que l'utilisation de ces capitaux (dividendes, rachats d'actions). En conséquence, Citigroup, Bank of America, JP Morgan et Wells Fargo vont augmenter leur dividende et lancer de nouveaux programmes de rachat d’actions.

Produits de base
Thyssenkrupp et Tata Steel se sont accordés sur la fusion de leurs activités sidérurgiques en Europe. Le nouvel ensemble aura pour nom ThyssenKrupp Tata Steel. Le chiffre d’affaires combiné s’élèvera à plus de 15 milliards d'euros. Les synergies annuelles sont attendues de 400 à 500 millions d'euros.

Opérations récentes :

Nous maintenons notre biais nettement « Value ». Géographiquement au 30 juin 2018, le poids des Etats-Unis est de 45% et celui de l’Europe de 55% (41% Zone euro, 14% Royaume-Uni). Le fonds FDC Transatlantique est investi en totalité.
Aucune opération significative n’a été réalisée sur la période.

Bruno DEMONTROND, Responsable gestion actions internationales