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Lettre de gestion

Lettre FDC Brexit

Alexis Charveriat, CFA

Alexis Charveriat, CFA, Responsable de la gestion Actions Européennes

10/07/2019
 Lettre FDC Brexit

Etant en congés à partir du 12 juillet, la lettre Brexit couvre exceptionnellement la période du 15 juin au 10 juillet. La prochaine lettre sera publiée début août. Excellentes vacances aux juilletistes !

Le Stoxx 600 a poursuivi sa progression (+2,2% sur la période). Cette hausse est à mettre au crédit des banques centrales des pays développés qui ont renforcé le biais accommodant des politiques monétaires afin de contrer le ralentissement du cycle de croissance qui continue de se dégrader.

Sans surprise, le G20 d'Osaka marque la reprise des discussions entre les deux super-puissances. Donald Trump n'a pas relevé les droits de douane sur le solde des importations chinoises.

La saison des résultats à venir est à nouveau à haut risque eu égard à la dégradation marquée des indicateurs de conjoncture. Dans ce contexte d'incertitude, il sera difficile pour les chefs d'entreprise de relever leurs perspectives pour le reste de l'année et ce surtout dans la sphère industrielle. Nous nous attendons à de nombreux avertissements sur résultats.

 

​Nouvelles macro-économiques :

Nous avons assisté à la poursuite d'un déluge de statistiques macro-économiques plaidant en faveur d'un ralentissement de la croissance, conformément à notre scénario qui encadre notre politique d'investissement depuis maintenant un an.

Du côté des Etats-Unis :

  • Les statistiques de ventes au détail du mois de mai, et leurs révisions sur les mois précédents, dépeignent une consommation des ménages résiliente. Les ventes ont progressé de +0,5% en mai et de +3,2% sur un an. Nous continuons au sein du fonds de privilégier les sociétés exposées à la consommation des ménages (agro-alimentaire, boissons et spiritueux) aux dépens des sociétés industrielles qui restent affectées par la dégradation de la confiance des chefs d'entreprise.

 

  • L'enquête de la Fed de New-York auprès des entreprises manufacturières alimente les anticipations d'une prochaine détente de la politique monétaire. L'indicateur de climat des affaires est revenu sur un plus bas de deux ans et demi, et indique une brutale dégradation de l'activité manufacturière dans le district en juin. L'indice Empire State Manufacturing Survey a chuté de plus de 26 points au mois de juin, un record historique de baisse mensuelle. L'indicateur des nouvelles commandes est passé de +9,7 à -12. Les délais de livraison se réduisent et le mouvement de déstockage se poursuit. Pour la première fois depuis 2017, la composante emploi est passée dans le négatif à -3,5 et la durée du travail est en baisse.

     
  • Les enquêtes IHS Markit auprès des directeurs d'achat continuent de militer pour un net ralentissement de l'activité économique aux Etats-Unis. Le PMI composite est revenu à 50,6 en juin, un plus bas de 40 mois, contre 50,9 le mois précédent. L'activité se dégrade sans surprise depuis le mois de février. Les sondés observent une demande intérieure moins favorable et une hausse de l'aversion au risque de leurs clients dans leurs commandes. Toutefois, la composante « nouvelles commandes » s'est légèrement redressée en juin à partir d'un plus bas de 38 mois. Les perspectives sur 12 mois sont sur un plus bas depuis que cette enquête existe en juillet 2012. Dans le secteur des services, le PMI est à 50,7 contre 50,9 en mai, avec une composante « production » sur un plus bas niveau depuis mars 2016. Le PMI manufacturier est à 50,1, un plus bas depuis septembre 2009 contre 50,5 en mai. Les composantes emploi et production se sont nettement dégradées dans le secteur manufacturier. La contraction des stocks est la plus violente en 10 ans.

     
  • Les statistiques de l'emploi du mois de juin sont ressorties supérieures aux attentes, à 191 000 contre 155 000 attendu. Les entreprises continuent d'embaucher en dépit d'une dégradation de l'activité. Si le ralentissement de la croissance se poursuit, les marges opérationnelles de sociétés devraient se contracter.

     
  • L'indicateur de l'enquête de la Fed de Dallas auprès des entreprises manufacturières a nettement reculé à -12,1 en juin après -5,3 en mai alors que le consensus attendait une hausse à +1.

     
  • L'indice Conference Board de confiance des consommateurs a chuté de près de 10 points au mois de juin, les deux composantes sur la situation présente et les perspectives ayant fortement reculé. La confiance des ménages se dégrade sensiblement pour revenir à son plus bas niveau depuis septembre 2017.

     
  • Les commandes de biens durables se sont contractées de 1,3% au mois de mai, après un recul de -2,8% en avril (contre -2,1% pour la précédente estimation). L'indicateur a été lourdement affecté par les difficultés de Boeing, les commandes dans l'aéronautique civil se sont contractées de 28,2% sur le mois après une chute de 39,3% en avril. Hors matériel de transport, les commandes de biens durables ont progressé de +0,3% en mai après avoir baissé de -0,1% en avril.

     
  • Le PMI de Chicago a reculé de 4,5 points au mois de juin à 49,7, passant sous le seuil des 50 pour la première fois depuis janvier 2017. Il retrouve on plus bas niveau depuis février 2016.

Du côté du Japon :

  • Les exportations japonaises étaient en forte baisse sur un an au mois de mai, pour le sixième mois consécutif (–7,8% dont -10% vers la Chine).

 

  • Point positif, les ventes au détail ont accéléré en mai à +1,2% sur un an. Le premier ministre japonais a annoncé qu'il augmentera bien la taxe à la consommation de 8% à 10%, ce qui devrait impacter positivement la consommation, les ménages profitant de cet effet d'aubaine.

     
  • Le PMI manufacturier du mois de juin est encore en recul au Japon : 49,5 après 49,8 en mai. La contraction de l'activité s'accentue dans l'industrie manufacturière nippone avec une composante nouvelles commandes au plus bas depuis juin 2016.

En Chine :

  • Le PMI manufacturier Caixin/IHS Market est repassé sous le seuil des 50 en juin à 49,4 contre 50,2 sur le mois de mai, un plus bas depuis juin 2016. Les nouvelles commandes se contractent traduisant à la fois une baisse de la demande intérieure et une baisse de la demande étrangère. Seul le secteur des biens de consommation sur lequel est positionné le fonds FDC Brexit connait une croissance de son activité sur le mois de juin.

 

  • Selon le PMI manufacturier officiel chinois, l'activité dans le secteur s'est contractée en Chine pour le second mois consécutif. Il s'est établi à 49,4 en juin contre 49,5 attendu par le consensus. Pour le secteur des services, qui représente 50% de l'économie chinoise, le PMI officiel s'établit à 54,2 en juin après 54,3 en mai.
  • Selon les résultats des enquêtes IHS Markit, l'activité manufacturière a continué de se dégrader dans le monde en juin. L'indice PMI manufacturier global est repassé sous le seuil des 50 en juin pour la première fois depuis 2016. Le secteur des services qui jusqu'à présent n'avait pas été contaminé, montre aussi des signes de faiblesse. L'indicateur des commandes à l'exportation est passé sous le seuil des 50 tandis que celui des perspectives à 12 mois est sur un plus bas historique.

En Europe :

  • Mario Dhragi a formulé des déclarations sur une orientation plus accommodante de la politique monétaire européenne. Il a réaffirmé la volonté et la capacité de la BCE à assouplir encore plus sa politique monétaire si nécessaire. Ces déclarations ont alimenté les anticipations de baisse de taux, ce qui a conduit les taux souverains allemands à atteindre un nouveau plus bas historique de -0.41%, en dessous du taux de refinancement de la BCE.

 

  • L'indice de confiance du consommateur en zone euro est ressorti à -7,2 en juin contre -6,5 en mai, le consensus attendait un indicateur inchangé.

     
  • L'indice IFO de climat des affaires en Allemagne est revenu en juin au plus bas depuis novembre 2014 à 97,4, les sondés se montrant moins optimistes pour les prochains mois (-1 point à 94,2). L'Allemagne continue de pâtir du ralentissement de la croissance au Royaume-Uni, consécutivement au report du Brexit et de la guerre commerciale chinoise, qui affecte les investissements des entreprises. La consommation des ménages, soutenue par un marché du travail encore tendu et par des salaires dynamiques, reste le principal soutien à la croissance de l'Allemagne. Il est peu probable que l'activité manufacturière se redresse tant que les perspectives ne seront pas plus claires sur les tendances du commerce mondial.

     
  • Le Royaume-Uni subit de plein fouet, comme anticipé, les incertitudes politiques entourant le Brexit. L'indice PMI manufacturier au mois de juin est passé de 49,4 à 48 contre 49,5 attendu par le consensus, soit un niveau nettement en dessous de 2016.

     
  • L'indice PMI Markit Construction a lourdement chuté en juin, passant de 48,6 à 43,1 alors que le consensus attendait une hausse à 49,2.

     
  • L'indice PMI Markit Services est passé de 51 à 50,2 en juin alors que le consensus attendait une stabilité de l'indicateur.

     
  • Le PMI Composite s'est contracté à 49,7, niveau le plus bas depuis 2016 alors que le consensus attendait une hausse de 50,9 à 51.

Conclusion :

Le message reste le même : nous assistons à une revalorisation des multiples de valorisation grâce à la baisse des taux d'intérêt au niveau mondial. Le mouvement de révision en baisse des bénéfices devrait se poursuivre pour les sociétés du Stoxx 600 Europe (-4,35%). Il est fortement probable que les analystes, à la rentrée, réduisent assez sensiblement leurs prévisions de bénéfices après la période de résultats du deuxième trimestre qui est à haut risque.

Nouvelles des sociétés du portefeuille :

Après la saison de résultats du deuxième trimestre, aucune nouvelle micro-économique susceptible de modifier nos cas d'investissements est intervenue sur le dernier mois.

Mouvements effectués au sein du portefeuille

Nous avons pris des bénéfices sur RECKITT BENCKISER après la hausse consécutive à la nomination du nouveau CEO : nous craignons que ce dernier ne profite des résultats annuels pour baisser sensiblement ses attentes en termes de croissance des bénéfices.

Nous avons totalement soldé notre position dans WHITBREAD : comme attendu, la société a abaissé ses perspectives d'ouverture de nouveaux lits. Unique valeur domestique du portefeuille, la société pâtit du ralentissement de la croissance domestique et de l'inflation importée consécutive à la baisse de la livre sterling.

Nous avons légèrement réduit COMPASS et UNILEVER qui atteignent progressivement nos objectifs de cours.

En contrepartie, nous avons initié une nouvelle position dans la valeur de luxe RICHEMONT qui présente une valorisation plus attractive. Nous avons profité de la baisse des prix du baril de pétrole pour initier une position dans TECHNIPFMC, l'équipementier parapétrolier dont le siège est au Royaume-Uni. Dans la même veine, nous avons continué de renforcer l'équipementier norvégien SUBSEA 7.

Nous avons initié une nouvelle position sur une valeur exposée à la consommation : BURBERRY

Enfin, nous avons continuer de renforcer les valeurs pharmaceutiques ASTRAZENECA et GLAXO SMITHKLINE qui devraient publier de bons résultats.

 

Positionnement du fonds

Le Royaume-Uni représente 49,5%, la Suisse 40%, la Suède 4,9% et la Norvège 5,2% des actifs investis du fonds.

Le fonds présente un biais privilégiant les investissements de style « value » à 51%, les investissements de style croissance à 49%.

 


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